Les données émanant des urgences hospitalières peuvent livrer des enseignements sur les problèmes aigus liés aux drogues. European Drug Emergencies Network (Euro-DEN Plus – le Réseau européen des urgences liées aux drogues), qui recense les passages aux urgences pour des problèmes liés aux drogues dans 15 hôpitaux «sentinelles» de neuf pays européens, fournit des informations à ce sujet. Sur les 5 054 passages aux urgences enregistrés par le projet en 2015, l’âge médian des personnes concernées était de 31 ans et les hommes (77 %) étaient à l’origine de la majeure partie des visites. En moyenne, chaque passage aux urgences impliquait 1,5 substance psychoactive (pour un total de 7 768 identifications) (voir figure 3.8). Près de deux tiers des passages aux urgences (65 %) concernaient l’usage de drogues traditionnelles, essentiellement héroïne, cocaïne, cannabis, GHB/GBL, amphétamine et MDMA/ecstasy; un quart (24 %) concernait des médicaments délivrés sur ordonnance ou en vente libre qui avaient été détournés de leur usage (le plus souvent des opiacés et des benzodiazépines); et 9 % de ces passages étaient dus à de nouvelles substances psychoactives (contre 6 % en 2014). La moitié des passages aux urgences pour des problèmes liés aux nouvelles substances psychoactives concernaient une cathinone de synthèse et 14 % un cannabinoïde de synthèse. Les drogues à l’origine des passages aux urgences différaient selon les hôpitaux, reflétant ainsi les habitudes locales de consommation. Par exemple, les situations d’urgence liées à l’héroïne étaient les plus courantes à Dublin (Irlande) et à Oslo (Norvège), tandis que les passages aux urgences pour des problèmes liés au GHB/à la GBL, à la cocaïne et à la MDMA/ecstasy prédominaient à Londres (Royaume-Uni). La majorité (80 %) des personnes admises pour une intoxication aiguë liée aux drogues ont pu quitter l’hôpital dans les 12 heures, une petite minorité (6 %) de patients ont développé une intoxication grave, nécessitant une admission en soins intensifs, et 4 % ont été placés en unité psychiatrique. Environ la moitié (9) des 17 décès enregistrés étaient liés aux opiacés. Rares sont les pays dans lesquels existent des systèmes d’observation qui permettent d’analyser au niveau national les tendances dans le domaine des intoxications aiguës liées aux drogues. Parmi ces pays, les situations d’urgence liées à des problèmes aigus d’héroïne sont en hausse au Royaume-Uni, mais leur nombre continue de diminuer en République tchèque et au Danemark, où les situations d’urgence liées à la méthadone sont en augmentation. En Lituanie, les situations d’urgence liées aux opiacés ont presque doublé entre 2013 et 2015. En Espagne, la cocaïne est à l’origine d’environ la moitié des situations d’urgence déclarées en rapport avec la consommation de drogues et cette tendance se stabilise après un déclin, tandis que les situations d’urgence liées au cannabis continuent d’augmenter. La Slovénie signale également une tendance à la hausse en ce qui concerne les situations d’urgence liées au cannabis. Aux Pays-Bas, la moitié (51 %) des passages dans les postes de secours présents sur les sites de festivals concernaient la MDMA/ecstasy et ce taux est en diminution. En République tchèque, les situations d’urgence liées à la méthamphétamine enregistrées par les centres sentinelles ont augmenté de plus de 50 % entre 2014 et 2015.