L’année dernière en Libye, trois gouvernements rivaux et plusieurs centaines de milices et de groupes armés continuaient de se disputer le pouvoir ainsi que le contrôle du pays, des routes commerciales lucratives et des places militaires stratégiques. Le gouvernement d’union nationale (GUN) soutenu par l’ONU a l'année dernière encore renforcé ses positions à Tripoli, la capitale du pays, gagnant graduellement du terrain grâce à des alliances stratégiques et souvent, aussi, à l’issue d’affrontements armés. En mai, la Brigade des révolutionnaires de Tripoli et la Brigade d’Abou Salim, toutes deux affiliées au ministère de l’Intérieur du GUN, ont chassé la coalition de milices soutenant le gouvernement de salut national (GSN) des positions clés qu’elle occupait à Tripoli, notamment du site de la prison d’Al Hadba, où étaient détenus d’anciens hauts responsables du régime de Mouammar Kadhafi, et de l’aéroport international de Tripoli. Elles ont pris le contrôle de zones stratégiques essentielles telles que la route menant à l’aéroport. L’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), commandée par Khalifa Haftar, a consolidé son pouvoir et réalisé d’importantes avancées dans l’est du pays à la suite de la victoire qu’elle a remportée sur le Conseil de la choura des révolutionnaires de Benghazi (CCRB) à Benghazi, et après avoir chassé les Brigades de défense de Benghazi (BDB) de cette ville, du terminal pétrolier de Ras Lanouf et de la base militaire d’Al Joufra, dans le désert. En mai, la 3e Force de Misratah a attaqué, avec le soutien des BDB, la base aérienne de Brak al Shati ; 141 personnes ont été tuées au cours de cette attaque, parmi lesquelles des soldats de l’ANL. Cette dernière a repris le contrôle de la base aérienne, aidée en cela par des frappes aériennes de l’armée de l’air égyptienne. En juillet, l’Assemblée constituante a approuvé un projet de constitution ; ce processus était en cours depuis 2014. Aucune date n’avait été fixée à la fin de l’année pour le référendum sur la Constitution. En septembre et en novembre, les États- Unis ont procédé en Libye, notamment au sud de Syrte, à plusieurs frappes menées au moyen d’engins télécommandés (drones) et visant le groupe armé État islamique (EI). En mai, le groupe armé Ansar Al Charia en Libye a annoncé sa dissolution. En septembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé jusqu’au 15 septembre 2018 le mandat de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL). Le nouveau représentant spécial de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a présenté sa feuille de route pour ce pays, qui prévoyait notamment de modifier l’Accord politique libyen conclu sous l’égide des Nations unies, de réunir un congrès national, et d’organiser des élections législatives et présidentielles en 2018. En décembre, le Conseil de sécurité a réaffirmé son soutien à l’Accord politique libyen, qu’il considérait comme le seul cadre viable pour la période de transition.