Aviez-vous déjà fait le rapprochement entre la violence dans le monde et la courbe démographique ? Moi, pas. Jusqu'à tout récemment, en fait. Mardi dernier, je suis allé à Reykjavik en Islande où se tenait un meeting absolument captivant. Celui-ci offrait un éclairage différent sur l'actualité en démontrant que la plupart des problèmes du Moyen-Orient se résumait en fait fondamentalement à une simple question démographique. La répartition démographique permettait d'expliquer l'instabilité récurrent dans certaines régions. Le problème puiserait en fait ses racines dans le Youth Bulge. En effet, une population dotée d'une croissance rapide conduit à une hausse importante du nombre de jeunes dans celle-ci. Mais cet excès de jeunesse, comme tout excès, est à l'origine de bien des maux. Les chances pour un jeune de trouver un travail sont ainsi plus faibles. Autrefois, bon nombre seraient morts avant quatre ans. Néanmoins, comme le taux de mortalité infantile a décru, ils atteignent l'âge adulte, et cette élévation brutale du nombre de jeunes est implacablement accompagnée par un boom du chômage des jeunes. Le taux de chômage est ainsi traditionnellement cinq fois plus fort dans les pays en développement chez les jeunes que chez les autres. La précarité économique des garçons affaiblit également leur position pour un éventuel mariage. Rejetés et sans avenir, il suffit alors qu'une idéologie radicale leur donne des perspectives d'avenir pour qu'ils s'y engouffrent. A l'échelle du monde, la transition démographique réduit les chances de conflits. Mais à ce jour, de nombreux pays comptent encore un excédent de jeunes. Des pays comme le Congo et l'Iran resteront donc encore quelques années des points de tension géopolitiques du fait de la jeunesse de leurs habitants. Cette explication a mis à mal l'idée qui voudrait que certaines cultures soient plus violentes que d'autres. Une idée à laquelle je n'adhère absolument pas mais que j'entends souvent. En définitive, une plus grande stabilité militaire ou géopolitique dans le monde est moins liée aux réformes et à la démocratisation qu'on voudrait le penser. Bien qu‘il s'agisse évidemment d‘éléments nécessaires pour garantir la stabilité d'une société, le véritable changement commence à partir de la pyramide des âges: une transition démocratique nécessite une transition démographique. Une fois n'est pas coutume, j'aimerais enfin remercier l'agence qui a organisé ce meeting. J'ai tout particulièrement apprécié leur efficacité, car ce meeting a été un succès de bout en bout. En savoir plus en suivant le lien sur le site du spécialiste renommé de ce séminaire en Islande.