Malgré la demande explicite émanant aussi bien des consommateurs que des entreprises, Volkswagen mène activement campagne contre une évolution de la politique européenne, par le biais de l’ACEA (l’Association des constructeurs européens d’automobiles, l’un des groupes de pression les plus influents d’Europe). Dans un courrier daté du 1er février 2011, Volkswagen explique, suite à la demande de Greenpeace, sa position vis-à-vis du passage à un objectif de réduction de 30 % des émissions européenne. Le constructeur affirme que cette initiative « menacerait les emplois et entraînerait la désindustrialisation de l’Europe », reprenant des termes déjà utilisés lorsqu’il s’opposait à l’introduction des normes d’efficacité énergétique aujourd’hui en vigueur. Le jugement de Volkswagen était alors erroné, et sa position actuelle vis-à-vis de l’objectif de réduction des émissions est en contradiction avec les conclusions d’analyses menées par de nombreux organismes reconnus : une revalorisation de l’objectif européen pourrait notamment créer des emplois, renforcer les investissements et entraîner une hausse du PIB. Toutefois, le groupe Volkswagen semble de plus en plus isolé. D’autres constructeurs, comme General Motors (GM), semblent en effet adopter un point de vue différent. Par exemple, si le groupe américain affirme « ne pas être en position de s’exprimer au nom d’autres entreprises et, par conséquent, ne pas avoir de point de vue sur le passage à un objectif de réduction de 30 % », il déclare aussi par ailleurs être « d’accord avec la nécessité de réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur du transport routier », et « participer aux politiques et législations de l’Union européenne visant à développer une stratégie pour décarboniser [sic] les transports d’ici à 2050 ». Par ailleurs, le constructeur français Renault a affirmé qu’il entend « apporter son soutien à la Commission européenne afin d’évaluer les possibilités, les avantages et les impacts sur la compétitivité d’un passage de -20 % à -30 % ». L’alliance Renault-Nissan est membre de l’organisation britannique Prince of Wales’ EU Corporate Leaders Group on Climate Change, dont la mission est « de diffuser le soutien du monde de l’entreprise en faveur du passage à une société européenne émettant peu de carbone et ayant peu d’incidence sur le climat, et de travailler en partenariat avec les institutions de l’Union européenne pour garantir la mise en place des interventions politiques indispensables à l’avènement d’une telle société ». Renault a signé une déclaration commune soutenant une revalorisation de l’objectif de réduction des émissions européennes pour 2020. Cependant, le constructeur français ne s’est pas encore déclaré ouvertement en faveur d’un objectif de -30 %. Même BMW, marque haut-de-gamme, affirme apporter les changements nécessaires à son parc de véhicules afin de « contribuer de façon substantielle à l’objectif de réduction des émissions de CO2 de 20 %, actuellement en vigueur dans l’Union européenne. ». Ce constructeur déclare également que « l’objectif de 30 %, en cours de discussion en Europe […] peut être réalisable à condition que d’autres secteurs industriels assument leur part du travail de façon équitable, et que les responsables politiques de chaque État membre redoublent d’efforts pour travailler ensemble de façon plus intégrée. »