Certains continuent à penser qu’un enseignement scientifique de l’informatique n’est pas nécessaire, qu’une familiarisation de base avec ses usages suffit, et, qu’en cas de besoin, l’informatique s’apprend « sur le tas ». Cette opinion conduit à un contresens dangereux. Certes, une familiarisation avec les usages est indispensable ; elle s’avère simple et naturelle pour les jeunes du XXIe siècle, pour qui l’informatique n’est en rien nouvelle puisqu’ils sont nés avec. Le B2I4 y participe. Mais il est incontestable que l’informatique est devenue bien plus qu’un pourvoyeur d’outils à savoir utiliser sans trop penser. Au contraire, elle est devenue un immense espace de création scientifique, technique, industrielle et commerciale, ainsi qu’un des domaines les plus créateurs d’emplois directs ou indirects dans le monde, comme attesté par le rapport Lévy- Jouyet5, nombre de rapports du CIGREF6, de l’OCDE7, etc., ainsi que par la feuille de route du gouvernement du 28 février 20138. La richesse correspondante est construite par ceux qui créent et font avancer le domaine, pas par ceux qui ne font qu’en consommer les fruits. Si on peut peut-être devenir un consommateur numérique averti en baignant dans la société numérique, la création repose nécessairement sur de vraies compétences en informatique. À des degrés divers, il faudra donc éduquer tous ceux qui seront en interaction constante et riche avec des systèmes informatisés, quels que soient leur métier et leur discipline, littéraire, scientifique, artistique ou autre. Les curricula correspondants devront être élaborés en fonction de la diversité de ces interactions et avec les acteurs concernés, mais sans jamais oublier l’unité profonde des concepts : l’informatique n’est pas différente selon les disciplines ni réductible à ces disciplines, même si elle se décline différemment ici ou là. Il faudra donc enseigner harmonieusement à la fois ses concepts généraux et ses déclinaisons particulières. Source : L’Agence SEO.